Passer de l’autre côté

Célien Taillard a effectué un stage au Tribunal administratif fédéral entre mai et décembre 2020. Entre la crise du coronavirus et ses modalités de stage atypiques, il revient sur son expérience à la cour VI.

3 juin 2021         

Célien Taillaird Internet
Célien Taillard. Photo : Lukas Würmli

Jurassien d’origine, Célien Taillard effectue un bachelor en droit à l’Université de Fribourg. Afin de renforcer ses compétences en allemand, il poursuit avec un master à l’Université de Berne durant lequel il s’envole pendant un semestre à Vancouver, l’occasion pour lui d’approfondir ses connaissances en droit international. A son retour, il souhaite acquérir une expérience dans un tribunal avant d’entamer son stage dans une étude.

Deux juges
Il postule alors au TAF et est engagé à la Cour VI en tant que stagiaire universitaire. Contrairement à ses collègues, Célien n’effectue pas son stage chez un mais deux juges. Il passe ainsi trois mois auprès de Gregor Chatton puis les trois mois suivants auprès de Yannick Antoniazza avant de revenir auprès du premier pour les deux mois restants. Bien que peu fréquente, cette pratique permet de « se confronter aux différentes manières de travailler ». Célien Taillard constate d’ailleurs qu’il y a « des approches différentes au sein d’une même cour et ce pas seulement au niveau des juges mais aussi des greffiers dont la manière de s’organiser ou de rédiger varie ».

S’intégrer en temps de Corona
Arrivé début mai, à la fin du semi-confinement, Célien Taillard a été en présentiel durant toute la durée de son stage. Même s’il admet que l’ambiance était un peu particulière, il considère qu’il a eu la chance d’être très bien encadré : « J’imagine que cela aurait été bien pire si j’avais commencé quelques mois plus tôt lors du semi-confinement ». Au début le tribunal était relativement vide, mais les collaborateurs sont revenus petit à petit et les membres de son team étaient très présents.

De l’autre côté du miroir
« J’ai été surpris de recevoir mes cas et de pouvoir rédiger dès le début » témoigne Célien Taillard. Il avoue qu’il ne s’attendait pas à se plonger autant dans le juridique et pensait que des tâches plus administratives lui incomberaient. Pour lui, c’est une source de contentement que d’être en charge de son dossier et de pouvoir le traiter sous la supervision du greffier et du juge.

Célien Taillard, admet qu’il y a un sentiment bizarre à passer de l’autre côté, « durant nos études, nous lisons de nombreux arrêts mais nous ne connaissons pas le processus ». Cela lui a notamment appris les aspects pertinents en droit administratif, ceux sur lesquels le TAF s’attardera, et ceux qui ne le sont pas. En outre, il soulève le peu de rédaction effectuée sous cette forme durant les études.

Un nouveau canton à découvrir
Bien que la situation géographique du tribunal puisse en rebuter certains, Célien Taillard rappelle que le stage est une expérience délimitée dans le temps. De plus, la vie sociale est bien développée, en particulier entre les romands : « Je ne me suis jamais senti isolé lorsque j’étais à l’autre bout de la Suisse ». Enfin, le TAF est une juridiction dont la jurisprudence occupe une place importante dans l’ordre juridique suisse, et il est donc positif d’avoir l’opportunité d’effectuer un stage auprès de ce tribunal. Ainsi, selon Célien Taillard, les avantages du stage priment sur l’éloignement géographique avec la Suisse romande.

Depuis son départ du tribunal, Célien a commencé l’école d’avocature de Genève (ECAV). Il effectuera ensuite un stage dans la cité de Calvin. Pour Célien, Genève a l’avantage de regrouper de nombreuses études actives dans les domaines qui l’intéressent le plus.

Texte : Alyssia Talon

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