Le professionnel du changement

Le responsable des ressources humaines Michaël Studer est expert dans l’art de gérer les changements professionnels. L’ancien basketteur professionnel a grandi dans sept pays différents et connu de nombreuses transitions également dans sa vie privée.

26.08.2025 - Katharina Zürcher

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Michaël Studer devant le Tribunal administratif fédéral.
« En tant que responsable des ressources humaines, mon rôle est de soutenir les collaborateurs et les cadres de manière à favoriser l’épanouissement et le développement de l’organisation » : Michaël Studer. (Photo : Daniel Winkler)

Impossible de passer à côté de Michaël Studer sans le voir : non seulement parce qu’il mesure près de deux mètres mais aussi à cause de son sourire conquérant qu’il affiche toujours en parcourant les couloirs du bâtiment. « Je préfère avoir un échange personnel avec les collaborateurs plutôt qu’un appel téléphonique ou un courriel », explique cet homme de 57 ans qui a pris la direction du secteur des ressources humaines en janvier dernier. Depuis son arrivée au tribunal, il s’est déjà immergé dans les projets en cours et s’est investi avec beaucoup d’énergie dans le recrutement de personnel. Il prévoit d’ailleurs de visiter trois à quatre salons professionnels par an afin de parer au manque de personnel qualifié. « La grande variété des matières relevant de la juridiction du tribunal fait de nous un employeur attractif pour les jeunes juristes ; nous devons seulement nous faire connaître sur le marché ». Le programme commence par les universités de Fribourg et de Saint-Gall, puis ce sera le tour de Zurich, Berne, Lucerne, Neuchâtel, Lausanne et Genève. 

«La grande variété des matières juridiques relevant de la juridiction du tribunal fait de nous un employeur attractif pour les jeunes juristes ; nous devons juste nous faire connaître.»

Michaël Studer , HR-Leiter

L’impression que Michaël Studer travaille au TAF depuis longtemps et qu’il s’y sent bien ne trompe pas. « J’ai été accueilli à bras ouverts et j’ai partout rencontré des gens qui s’engagent pleinement dans leur travail et s’acquittent de leurs tâches avec passion. » Son équipe du secteur RH, composée de douze personnes, s’implique aussi avec enthousiasme. « Travailler dans un tel environnement, c’est super, on ne peut rêver mieux. » Le domaine des ressources humaines est de toute façon enrichissant : « Nous travaillons avec le bien le plus important de l’organisation : le personnel ». Pour le responsable des ressources humaines, sa mission consiste à « soutenir les collaborateurs et les cadres de manière à favoriser l’épanouissement et le développement de l’organisation ». Dans les processus de changement en cours, il veut avant tout miser sur l’implication des collaborateurs ainsi que sur l’ouverture et une bonne communication. « Avec ces deux composantes, on peut presque tout faire. » 

14 ans de sport de haut niveau
Avec plus de 30 ans d’expérience professionnelle, dont seize à des postes de direction dans l’administration fédérale, le sac à dos de Michaël Studer est bien rempli. Parfaitement bilingue français-allemand, il parle également l’italien et l’anglais. Comme il a fréquenté l’école publique à Casablanca, il parle aussi un peu l’arabe, et il suit actuellement des cours de roumain. En tant que fils de diplomate, il a appris à jongler avec les langues mais aussi acquis une disposition à changer d’horizons : né à Tel-Aviv, il a grandi au fil des années à Madrid, Bagdad, Washington, Annecy, Nice, au Maroc et en Suisse. Il s’est accommodé de ces déménagements sans problème : « Je ne connaissais rien d’autre ». C’était même presque plus difficile pour lui de s’installer en Suisse, à l’âge de 14 ans. Michaël Studer a fréquenté l’école francophone à Berne et faisait beaucoup de sport pendant son temps libre. « Quand il s’est agi de choisir un métier, j’ai voulu tout miser sur la carte du sport, mais mes parents ont insisté pour que j’apprenne d’abord un vrai métier. » 

Le jeune homme a ainsi effectué un apprentissage de dessinateur technique à Bienne puis, une fois son diplôme en poche, s’est lancé dans le basket-ball. Il consacre alors les quatorze années suivantes au sport de haut niveau, dont huit comme professionnel à part entière et six comme semi-professionnel. Vers la fin de sa carrière sportive, il monte une auto-école avec un ami. Fasciné par le thème du transfert de connaissances, il obtient le brevet fédéral de formateur d’adultes et étudie les sciences de l’éducation pendant trois semestres. Dans son entreprise, il dirige la division Consulting, développement du personnel et formation des cadres. En 2007, il rejoint l’Office fédéral des routes, où il exerce différentes fonctions jusqu’en 2019 tout en suivant une formation en cours d’emploi en tant que spécialiste en ressources humaines et conduite du personnel. Il dirige ensuite pendant plus de quatre ans le service des RH de la Centrale de compensation (CdC) à Genève, avant de rejoindre le TAF après un détour d’un an par les soins à domicile. 

Michaël Studer, qui joue de la flûte traversière et du saxophone et fait du sport pendant son temps libre, se plaît bien en Suisse orientale. Son épouse également s’est laissé séduire par la région : « Nous projetons de quitter la Suisse romande et de nous installer au bord du lac de Constance. » Même s’il a siégé pendant 15 ans à l’exécutif de sa commune de domicile actuelle, il envisage avec sérénité un éventuel déménagement à l’autre bout de la Suisse. Là aussi, on a bien affaire à un professionnel du changement. 

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