Loucy Weil : Au cœur de la diversité juridique
Loucy Weil n’a jamais aimé rester dans une seule case. Après ses études de droit à Lausanne, spécialisées en contentieux et droit social, elle obtient son brevet d’avocate en 2017, puis travaille plusieurs années en étude. Un voyage d’un an vient ensuite nourrir sa curiosité du monde. À son retour, elle ressent le besoin de changer de perspective : voir « l’autre côté » du droit, celui de la fonction publique, et retrouver des domaines qu’elle avait déjà pratiqués, comme le droit des étrangers ou de l’asile. En 2021, elle rejoint le Tribunal administratif fédéral à Saint-Gall, un choix géographique aussi motivé par l’envie de découvrir un nouvel environnement, sans couper complètement les ponts avec la Suisse romande.
C’est presque par hasard qu’elle tombe sur l’offre de greffière de pool, une fonction qu’elle ne connaissait pas mais qui lui correspond immédiatement. « J’aime bien faire de tout, rester généraliste », explique-t-elle. Le rôle consiste à intervenir temporairement dans différentes cours en fonction des besoins : surcharge de travail, remplacement, réorganisation. On change de cour après quelques mois, on s’immerge dans une nouvelle matière, on s’adapte à une nouvelle équipe. Une fonction en mouvement constant, qui demande de solides bases en droit administratif, une bonne dose de flexibilité, et un goût prononcé pour la découverte.
Passer d’une matière à l’autre, d’une équipe à l’autre
Loucy a déjà travaillé dans plusieurs cours, sur des matières aussi diverses que le droit fiscal, l’assistance administrative, l’assurance invalidité, le droit du personnel, la transparence, ou encore bien sûr le droit d’asile. Si elle garde une préférence personnelle pour le droit des étrangers, elle apprécie le fait de pouvoir se plonger dans des domaines qu’elle n’aurait jamais choisis spontanément. « Je n’étais pas attirée par le droit fiscal, mais finalement j’ai trouvé ça passionnant. Toutes les matières deviennent intéressantes une fois qu’on s’y met. » Elle souligne toutefois que certains domaines exigent un effort d’entrée plus important, en raison de leur technicité.
Cette diversité ne concerne pas seulement les thèmes, mais aussi les méthodes de travail. Chaque cour a sa dynamique propre. En cours I, les dossiers sont moins nombreux mais plus complexes, avec un travail poussé de recherche juridique et un rythme plus calme. En cours d’asile, en revanche, le volume est plus élevé, les délais plus serrés, et l’organisation du travail repose davantage sur des processus standardisés visant à assurer un traitement efficace des dossiers. Ces différences influencent non seulement le travail quotidien, mais aussi l’ambiance dans les équipes, la manière de collaborer, et même le style rédactionnel. Loucy apprécie cette mosaïque d’expériences, même si elle admet qu’il n’est pas toujours facile de changer de repères aussi souvent.
«Je n’étais pas attirée par le droit fiscal, mais finalement j’ai trouvé ça passionnant. Toutes les matières deviennent intéressantes une fois qu’on s’y met.»
Loucy Weil
S’intégrer à chaque nouvelle affectation fait partie du défi. Elle a toujours été bien accueillie, mais reconnaît une petite distance inévitable liée à la nature du poste : « On ne fait que passer, on ne fait pas partie de l’équipe au même titre que les autres greffiers. » Ce qui n’empêche pas de créer de bons liens, ni d’être rapidement intégrée aux moments informels. Le plus dur ? Quitter une équipe où l’on se sent bien, au moment où l’on commence justement à être à l’aise dans la matière.
Une expérience qu’elle recommande sans hésiter
Le poste de greffier-ère de pool est bien encadré. Chaque personne a un binôme de référence (un chef « en droit », membre de la CA, et un chef « de fait », pour lequel elle travaille) ainsi qu’un lien avec la CA pour les affectations. Une petite équipe interne permet aussi aux greffiers de pool d’échanger, de se coordonner et de garder une forme de cohésion malgré la dispersion. L’organisation cherche autant que possible à tenir compte des préférences individuelles. En retour, Loucy apprécie la flexibilité qui lui est accordée, notamment pour les vacances. Sans oublier une meilleure classe salariale qui reflète la polyvalence exigée.
Malgré les défis, elle ne tarit pas d’éloges sur la fonction. « Ça dynamise le travail de greffier », répète-t-elle avec conviction. Une formule qui lui tient à cœur, car elle résume bien sa volonté à se challenger et évoluer dans un environnement stimulant, en évitant de se coincer dans une seule case tout en gardant le chemin d’une juriste engagée, curieuse, capable d’embrasser la complexité du droit public tout en restant attentive aux dynamiques humaines.
Plus d'articles de blog
La collaboration au cœur de la réussite
Plurilinguisme, entraide et esprit d’équipe : immersion dans la vie de quatre stagiaires en droit. Dorit Jakobovits, Gabriel Baal, Greta Agliati et Léonard Euler expliquent pourquoi ils aiment travailler au sein du Tribunal administratif fédéral.
Engagée, flexible, passionnée d’art
Outre sa tâche de direction de l’Etat-major du Secrétariat général, Sandrine Kuster est aussi membre de la Commission d’art du tribunal. Elle y trouve beaucoup de plaisir – et pas seulement parce qu’elle voulait autrefois elle-même devenir artiste.