Sport, équilibre et santé mentale au travail
Le sport a toujours fait partie de sa vie. Enfant, il joue au football jusqu’à quatre fois par semaine, entre entraînements et matchs. En parallèle, la montagne occupe une place centrale : ski, snowboard, VTT, principalement en Suisse orientale et autour de Saint-Gall. Cette pratique intense n’est jamais vécue comme une contrainte, mais comme quelque chose de naturel, presque indispensable.
À l’adolescence, il profite des possibilités offertes par le système scolaire pour explorer une grande diversité de sports. Curling, golf, athlétisme et ski : il essaie, découvre, s’enthousiasme. Cette curiosité forge une relation au sport marquée par le plaisir et l’ouverture, bien loin d’une logique de spécialisation ou de performance à tout prix. Aujourd’hui encore, certaines envies restent présentes : le kitesurf, qu’il n’a jamais testé, ou, à plus long terme, le ski de fond, qu’il imagine pratiquer lorsque son corps demandera davantage de douceur.
Travail et stress : quand le corps et l’esprit tirent la sonnette d’alarme
Avec la vie professionnelle et familiale, les équilibres se fragilisent. Les contraintes augmentent, les responsabilités aussi. Dans son travail, il évolue dans un environnement où la charge mentale est réelle : expliquer des décisions, faire face à des critiques, dialoguer avec des journalistes, des juristes ou des acteurs publics aux personnalités affirmées, parfois dans des contextes tendus.
Pour lui, les signaux indiquant que « c’est trop » sont très clairs, mais profondément personnels. Le premier est le sommeil : lorsqu’il dort mal, il sait que l’équilibre est rompu. S’ajoutent des réactions moins mesurées, une difficulté à rester calme, ou le sentiment que les sphères professionnelle et privée se mélangent excessivement. Il insiste sur le caractère individuel de ces signaux : ce qui alerte chez lui ne sera pas forcément valable pour quelqu’un d’autre. D’où l’importance, selon lui, d’apprendre à se connaître et à reconnaître ses propres limites avant que la situation ne se détériore.
«Le jogging est une activité simple, efficace et qui ne nécessite aucune préparation logistique ; en une heure, il permet de faire de l’exercice, de transpirer, de se vider l’esprit et de mieux dormir la nuit.»
Rocco Maglio
Quand le sport aide à défaire les nœuds
C’est précisément dans ces moments de tension que le sport joue un rôle central. Avec le temps, sa pratique a évolué : moins de snowboard ou de VTT, plus difficiles à intégrer dans un agenda chargé, et davantage de jogging. Une activité simple, efficace, sans logistique. En une heure, il a bougé, transpiré, libéré son esprit et le soir, il dort mieux. Mais au-delà de l’effet physique, le sport est pour lui une véritable ressource mentale. Lorsqu’il sent des « nœuds », qu’ils soient professionnels ou personnels, courir devient un moyen de les défaire. C’est un espace où les pensées s’ordonnent, où la distance se recrée.
Il veille cependant à ce que le sport ne devienne jamais une pression supplémentaire. Pas de montre connectée, pas de kilomètres comptés, pas de comparaison avec les autres. Il se fie à ses sensations. Il accepte les variations de forme, se réjouit parfois d’un temps stable malgré une période moins en forme, et relativise lorsqu’il se sent déçu. Son seul objectif actuel : courir un semi-marathon, simplement pour vivre l’expérience et voir s’il en est capable.
Culture du dialogue et équilibre professionnel
Pour lui, la prise en compte de la santé mentale au travail dépend avant tout de la culture de l’organisation. Au sein du Tribunal administratif fédéral, il estime que cette dimension est globalement bien respectée : il n’y a pas d’attente implicite de surinvestissement, et lorsqu’il travaille le soir ou le week-end, c’est un choix personnel, et non une exigence hiérarchique. Cette culture repose sur un fonctionnement marqué par le débat, l’échange d’arguments et la recherche de compromis, lié au mode de décision collégial du Tribunal. Dans ce cadre, il souligne l’importance de pouvoir exprimer ses désaccords, tout en acceptant que les décisions finales puissent ne pas correspondre à son point de vue personnel. Cette capacité à prendre de la distance avec les décisions institutionnelles, notamment face aux critiques externes, constitue selon lui une condition essentielle pour préserver sa santé mentale au travail.
Son message aux collègues est volontairement simple et nuancé : il n’existe pas de recette universelle. Chacun a son rythme, ses besoins et ses propres signaux. L’essentiel est d’apprendre à se connaître, de parler tôt et clairement lorsque quelque chose ne va pas, et de chercher des solutions dans le dialogue. Le sport peut être un soutien précieux, mais il n’est qu’un outil parmi d’autres. Sa philosophie se résume en une phrase : traiter les autres comme on aimerait être traité.
Plus d'articles de blog
Vive le foot !
L’équipe de foot du TAF se retrouve deux fois par semaine pour taper le ballon. Une belle occasion pour se remettre à pratiquer le plus beau des sports après des années d’inactivité.
Bien plus qu’un moyen de transport
Jonas Seiterle, responsable du team Coordination de l’information depuis 2015 a transformé son principal moyen de locomotion durant sa jeunesse en un véritable hobby qu’il pratique aujourd’hui régulièrement dans sa région d’adoption, la Thurgovie.